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Budget et économies

Bonus-malus : cinq erreurs qui coûtent cher

Passer en revue les situations qui font grimper le coefficient et comment les éviter.

Portrait de Nicolas Perrin Nicolas Perrin 5 min de lecture
Bonus-malus : cinq erreurs qui coûtent cher

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Le bonus-malus est un coefficient qui ajuste la prime d’assurance auto selon les sinistres responsables. Il baisse de 5 % par an sans accident et grimpe de 25 % à chaque accident responsable. Cinq erreurs reviennent souvent : déclarer un dégât mineur, croire que le bonus appartient au véhicule, oublier le relevé d’information, laisser passer un malus injustifié et résilier juste après un sinistre pour l’éviter.

Bonus-malus : la règle du coefficient et son effet cumulatif

Le coefficient démarre à 1,00 pour un conducteur sans historique. Chaque année sans sinistre responsable le multiplie par 0,95. Après plusieurs exercices, il peut atteindre 0,50, soit une réduction de moitié sur la prime de référence. Un accident responsable, lui, le multiplie par 1,25. Le retour à un coefficient neutre exige deux années consécutives sans nouveau sinistre responsable.

L’effet ne s’arrête pas à l’année du sinistre. La surprime s’installe dans le calcul et se répercute à chaque échéance. C’est ce qui rend certaines décisions coûteuses : un petit dégât déclaré peut effacer plusieurs années de réduction et alourdir la prime pendant deux à trois ans.

Erreur 1 : Déclarer un dégât mineur qui déclenche un malus

Une rayure sur un pare-chocs, un rétroviseur cassé ou un petit choc de parking peuvent sembler justifier une déclaration. Après franchise, l’indemnisation reste parfois faible. Le vrai coût apparaît ensuite : le coefficient augmente de 25 % et la réduction annuelle de 5 % est suspendue. Sur trois ans, la différence peut dépasser le montant de la réparation.

Faut-il pour autant renoncer à déclarer ? Pas si un tiers est impliqué ou si les dommages engagent la responsabilité civile. Dans ce cas, la déclaration reste obligatoire. Pour un dommage isolé et sans victime, comparer le reste à charge après franchise avec l’impact probable sur la prime aide à décider.

Erreur 2 : Imaginer que le bonus appartient à la voiture

Le coefficient est rattaché au conducteur, pas au véhicule. Lorsqu’une voiture est vendue, l’acheteur ne récupère pas la réduction accumulée par le vendeur. Il repart avec son propre historique, souvent à 1,00 s’il n’a jamais été assuré. Le vendeur, lui, conserve son bonus pour son prochain contrat.

Il existe des exceptions encadrées, notamment en cas de transfert entre conjoints ou partenaires liés par un pacte civil de solidarité. Les conditions varient selon les assureurs et les situations. En cas de doute, mieux vaut demander un relevé d’information et vérifier les règles du contrat avant la vente.

Erreur 3 : Omettre le relevé d’information ou un conducteur secondaire

Changer d’assureur sans fournir le relevé d’information fait perdre le bénéfice des années sans sinistre. Le nouvel assureur applique alors un coefficient de départ neutre, soit 1,00. La réduction existante n’est pas perdue, mais elle n’est pas appliquée tant que le document n’a pas été transmis.

Autre omission fréquente : ne pas mentionner un conducteur secondaire, un enfant qui vient d’obtenir le permis ou un proche qui utilise régulièrement le véhicule. En cas de sinistre, l’assureur peut refuser une garantie ou appliquer des conséquences contractuelles. Le coefficient du souscripteur peut aussi être affecté si le conducteur secondaire cause un accident responsable.

Erreur 4 : Laisser passer un malus appliqué par erreur

Les erreurs de relevé existent : un sinistre non responsable enregistré comme responsable, un accident ancien qui réapparaît ou un coefficient recalculé sans justification. Ne pas vérifier son relevé d’information revient à payer une surprime indue pendant des mois.

La contestation passe d’abord par une demande écrite à l’assureur, avec le numéro de sinistre et les justificatifs. Si la réponse ne convient pas, le médiateur de l’assurance peut être saisi. Les délais sont encadrés : il vaut mieux agir dès la réception du relevé annuel.

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Erreur 5 : Résilier son contrat pour échapper au malus

Après un sinistre responsable, certains pensent qu’un changement d’assureur effacera la surprime. C’est faux. Le malus figure sur le relevé d’information transmis au nouvel assureur. La résiliation met fin au contrat, mais pas au coefficient. La nouvelle compagnie applique le même calcul.

Résilier au mauvais moment peut même compliquer la recherche d’un contrat. Un historique avec malus récent réduit le nombre d’offres et augmente les tarifs. Mieux vaut comparer, négocier ou attendre la fin de la période de malus avant de changer.

Tableau récapitulatif : cinq erreurs, cinq réflexes

ErreurConséquence directeRéflexe utile
Déclarer un dégât mineurMalus de 25 % et perte de la réduction annuelleComparer le reste à charge et l’impact sur la prime
Croire que le bonus suit la voitureDépart à 1,00 pour l’acheteur, surprime inutileConserver son relevé d’information et vérifier les règles de transfert
Omettre le relevé ou un conducteurPerte du bonus acquis ou refus de garantieTransmettre le relevé et déclarer tous les conducteurs habituels
Accepter un malus injustifiéSurprime payée à tort pendant des moisContester par écrit et saisir le médiateur si besoin
Résilier après un sinistreLe malus reste et la recherche d’un contrat se compliqueAttendre la fin de la période de malus ou négocier son contrat

Avant de signer un nouveau contrat ou de déclarer un sinistre, ces questions reviennent souvent.

Le bonus-malus suit-il la voiture ou le conducteur en cas de revente ?

Le coefficient appartient au conducteur et non au véhicule. L’acheteur d’une occasion ne récupère pas la réduction de l’ancien propriétaire ; il applique son propre historique. Le vendeur garde son bonus pour son prochain contrat.

Un sinistre non responsable fait-il baisser mon bonus ?

Non, un sinistre non responsable n’entraîne pas de malus. Le coefficient reste inchangé. Il peut toutefois être mentionné sur le relevé, sans impact sur le calcul tant que la responsabilité n’est pas engagée.

Le coefficient 0,50 est-il acquis une fois pour toutes ?

Le coefficient 0,50 est le plancher, mais il n’est pas définitif. Un sinistre responsable le fait remonter de 25 %. La réduction maximale se reconstruit ensuite année après année, sans accident responsable.

Peut-on contester un malus appliqué par erreur ?

Oui. Une réclamation écrite auprès de l’assureur, accompagnée des justificatifs, permet de faire corriger le relevé. En cas de désaccord persistant, le médiateur de l’assurance peut intervenir. Il faut conserver les courriers et les preuves de non-responsabilité.

Nicolas Perrin

L'auteur

Nicolas Perrin

Analyste assurance moto

Je compare les formules dédiées aux deux-roues, du scooter à la sportive. Je teste la logique des garanties plutôt que les slogans publicitaires.

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